lundi 17 août 2015

Ce que j'ai vu : L'exposition Tatoueur-Tatoué

Je n'avais jamais été au musée de Quai Branly, et je dois dire que si une amie ne m'avait pas proposé de l'accompagner, je ne l'aurais sans doute pas fait avant un moment.

Nous avons choisi de visiter l'exposition en soirée, puisque le musée ferme à 21h les jeudi, vendredi et samedi soir. En y allant à 18h, notre but n'était bien évidemment pas de visiter le musée, mais bien de nous concentrer sur l'exposition Tatoueurs-tatoués.

Je pense que nous avons tous une relation plus ou moins distante avec le tatouage. Avec une estimation de 10% de la population française qui aurait un tatouage, si je n'en fais pas partie moi-même, il serait cependant bien difficile de ne pas connaître de personnes arborant un tatouage. J'en connais personnellement deux : une qui adore son tatouage, et souhaite continuer à en faire, et l'autre qui le regrette. Pourquoi ?

C'est là que l'exposition apporte des éléments de réponse, en situant le tatouage dans le temps et dans l'espace. Elle montre ainsi que cette technique de différenciation du corps, de marquage, existe depuis la préhistoire, et que dans toutes les civilisations elle est profondément liée à la spiritualité de celui qui le porte.

Ou qui ne le porte pas d'ailleurs, puisque la pratique du tatouage est interdite par les religions dites du livre. Ainsi, même dans les civilisations où il faisait partie intégrante de la perception de l'individu et de sa place dans la société, l'intervention des missionnaires lui a été presque fatale.

Aujourd'hui, en occident, après des siècles où il était synonyme d'oppression et de marginalisation, le tatouage se démocratise, les différentes techniques se rencontrent, les influences se mélangent, et les tatoueurs sont reconnus comme étant des artistes. Il y a comme partout des stars du tatouage, avec leur style unique, personnel ou ancestral, qui sera recherché pour son authenticité ou son originalité, avec une cote qui fait monter les prix, avec des salons de plus en plus fréquentés. Des artistes donc, dont le support est la peau.

Ce qui n'est pas anodin. Se faire tatouer fait mal, très mal. Après tout, il s'agit de percer la peau avec des aiguilles pour y faire pénétrer des pigments suffisamment profondément pour qu'ils soient indélébiles. C'est donc douloureux, et définitif.

Pour moi, la décision de se faire tatouer doit donc être longuement réfléchie, et être prise en toute connaissance de cause. Ce papillon, cette étoile ou ce dauphin tatoués sur une hanche, dans le bas du dos ou sur l'épaule deviendra partie intégrante du tatoué, il vieillira avec.

Malgré la popularisation de la pratique, il appartient à chacun de savoir ce qu'il fait de sa peau, et alors que je suis toujours en réflexion sur l'éventualité d'un futur tatouage, cette exposition, instructive et ludique par ailleurs, m'a fournie de nouveaux grains à moudre.

lundi 3 août 2015

Ce que je pense de l'injonction d'être mince

Sois tout ce que tu veux, mais sois mince !

Une injonction, selon la définition du Larousse, est un ordre formel d'obéir sur-le-champ, sous menace de sanction. Certains diront que ce mot est disproportionné, qu'il ne s'applique pas au sujet de cet article, à savoir l'injonction d'être mince.

Pourquoi est-ce que je parle d'injonction ? Et pas d'une simple pression pour être mince ? Parce que selon moi, la pression est un premier stade, depuis longtemps dépassé malheureusement, nous n'en sommes plus là.

Pour une personne ciblée comme n'étant pas suffisamment mince, ça ne reste pas dans son cercle familial, toute la société lui renvoie le message constant qu'il est nécessaire qu'elle perde du poids. Ou, au moins, qu'elle essaie activement de le faire, comme pour preuve de sa bonne foi et gage de son acceptation.

Des exemples ? Parlons surtout du point de vue des femmes, celui que je connais le mieux.

Dans les familles, les parents ont à cœur de transmettre des valeurs à leurs enfants. Pour l'enfant jugé trop gros, parce que ses parents veulent son bien, ce sera surtout de savoir quels aliments sont à éviter parce qu'ils font grossir.

Dans la presse à destination des adolescentes et des femmes, c'est un sujet permanent. En septembre, il s'agit de perdre les kilos de l'été et de prendre de bonnes habitudes pour la rentrée. En novembre, il s'agit d'être en forme pour les fêtes. En décembre, d'éviter le piège de prendre du poids pendant les fêtes. En janvier, de perdre les kilos pris pendant les fêtes. Dès mars, il faut se préparer un corps de rêve pour le printemps, puis en avril et mai, un rattrapage pour l'été pour les retardataires et l'épreuve du bikini (sic). En juillet et août, les recettes pour ne pas prendre de poids pendant l'été. Après 10 ans de matraquage en tant que lectrice, j'en suis venue à plaindre les journalistes qui doivent sans cesse trouver de nouveaux angles pour dire toujours la même chose : "Soyez mince !".

Au travail, entre la machine à café le matin et la cantine à midi, il s'agit de choisir son camp : celui des "naturellement minces" que tout le monde envie parce qu'elles peuvent manger tout ce qu'elles veulent, celui des minces qui "font attention" et donnent les derniers conseils à la mode, et le moins populaire, celui des "non minces", qui discutent de leurs efforts pour perdre du poids, et malheureusement, surtout de leurs échecs.

Chez le médecin, où quelle que soit la raison de la consultation (du rhume à l'ongle incarné), il sera rappelé au mieux, de surveiller le poids, au pire, un régime sera prescrit, même si le patient n'est pas en demande. Et je ne parle même pas des médecins qui font du désir d'amaigrissement leur fonds de commerce, à coup de polycopiés de menus type et de pesées mensuelles.

Dans les magasins, en France, il semblerait que la confection s'arrête à la taille 44, et c'est une amélioration, par rapport à il y a encore une quinzaine d'années, où c'était le 42. Coïncidemment, sont aussi apparues les tailles 34 et 32 ... J'engage les professionnels français à traverser la Manche pour découvrir comment s'effectue l'adaptation des patrons aux grandes tailles, ce sujet manifestement pas traité dans leur formation en France, est maîtrisé au Royaume-Uni.

Jusqu'au quidam dans la rue qui s'autorise de faire remarquer à une personne qu'il ne connait ni d’Ève ni d'Adam que manger un sandwich n'est pas bon pour son poids.

C'est ainsi, notre société est normative, et elle nous rappelle sans cesse qu'être dans la norme, c'est être mince. Maintenant. Et dépêchez-vous !

Les sanctions pour les personnes considérées comme trop grosses sont nombreuses et difficilement contournables.

La sanction intérieure tout d'abord, l'estime de soi fluctue en même temps que les chiffres sur la balance. L'humeur aussi, euphorie en période de perte, morosité en période de reprise. Sans oublier les troubles du comportement alimentaire.

La sanction des autres, y compris et surtout dans votre famille, qui jugent sans arrêt, sans savoir, ou en sachant trop bien souvent, pour le vivre aussi. Qu'à cela ne tienne, votre poids est un sujet de conversation comme peut l'être la météo ou les trains qui n'arrivent pas à l'heure !

La sanction de la discrimination à l'embauche, à l'avancement, lors des rencontres amicales ou amoureuses, face au corps médical, et pour finir, dans la mort. Et certains trouvent pourtant que ce n'est pas suffisant !

Nous vivons dans une société qui prône la minceur, et condescend tout juste à accepter la personne jugée trop grosse (par rapport à quoi, d'ailleurs ?), à la condition qu'elle cherche à maigrir.

Moi-même, je suis grosse. Et maigrir ne fait plus partie de mes objectifs. Des années d'échecs répétés m'ont convaincue que ça n'arriverait pas. Et je suis d'accord avec ça. Le reste, je fais avec, au mieux de mes possibilités. Si changer le monde n'est pas possible, au moins, ne pas changer pour lui (librement inspiré du grand philosophe, Jean-Jacques Goldman).

Depuis, je ne lis plus la presse féminine. Je ne bois pas de café, ne mange pas à la cantine, et voue une passion avide aux résultats sportifs pour alimenter les conversations entre collègues. J'ai choisi mon médecin traitant pour qu'il me soigne, sans remarque incongrue sur ma corpulence. Je ne fais plus les magasins en France. Et je réponds à la personne qui me fait une remarque sur mon poids que contrairement à lui, je suis trop polie pour lui faire une remarque sur son manque de savoir-vivre.








jeudi 30 juillet 2015

Ce que je veux ...

...Faire de ce blog.

Ma première réponse, un joyeux mélange hétéroclite de tout ce qui fait ma vie.

Il semble que ce choix ne soit pas commun, la plupart des personnes choisissant d'avoir des blogs dédiés selon leur public apparemment. C'est ainsi que puisque chacun a des centres d'intérêts multiples, chacun se retrouve potentiellement à gérer plusieurs blogs. Ce n'est pas mon cas, et pour deux raisons, la première est une question de temps et de simplicité, la seconde est que je n'ai réellement qu'un unique centre d'intérêt, ma (pas si petite) personne.

Je me présente donc. Sous ce blog, mon pseudo sera Mellyne. Je suis née juste avant les années 80, et j'ai une vie assez banale de parisienne qui trouve qu'elle n'a pas assez de temps, alors clairement, je me suis dit qu'en débutant une nouvelle occupation, la situation s'améliorerait.

Au fil des articles, vous aurez un aperçu de ma vie quotidienne, qui ressemble j'en suis sûre fortement à la vôtre. Je me lève le matin, je râle de devoir aller travailler, je mange, je m'habille, je prends le métro, je travaille entre deux pauses, je rentre chez moi. Les soirées et les week-ends sont plus variés (ou alors, j'inventerai ...).

Alors, où se trouve l'intérêt ? Pour moi, il s'agit de parler de mon sujet favori, pour vous, à vous de voir ... Je me suis simplement rendu compte que je passais une bonne partie de mon temps à procrastiner en lisant des blogs de personnes dont la vie pourrait ressembler à la mienne, et je me suis dit que si je pouvais contribuer à faire d'autres personnes procrastiner, ce serait bénéfique à la marche du monde. Ou pas.

Bienvenu sous mes étoiles, où la vie est une succession d'ironies et d'absurdités.