Je n'avais jamais été au musée de Quai Branly, et je dois dire que si une amie ne m'avait pas proposé de l'accompagner, je ne l'aurais sans doute pas fait avant un moment.
Nous avons choisi de visiter l'exposition en soirée, puisque le musée ferme à 21h les jeudi, vendredi et samedi soir. En y allant à 18h, notre but n'était bien évidemment pas de visiter le musée, mais bien de nous concentrer sur l'exposition Tatoueurs-tatoués.
Je pense que nous avons tous une relation plus ou moins distante avec le tatouage. Avec une estimation de 10% de la population française qui aurait un tatouage, si je n'en fais pas partie moi-même, il serait cependant bien difficile de ne pas connaître de personnes arborant un tatouage. J'en connais personnellement deux : une qui adore son tatouage, et souhaite continuer à en faire, et l'autre qui le regrette. Pourquoi ?
C'est là que l'exposition apporte des éléments de réponse, en situant le tatouage dans le temps et dans l'espace. Elle montre ainsi que cette technique de différenciation du corps, de marquage, existe depuis la préhistoire, et que dans toutes les civilisations elle est profondément liée à la spiritualité de celui qui le porte.
Ou qui ne le porte pas d'ailleurs, puisque la pratique du tatouage est interdite par les religions dites du livre. Ainsi, même dans les civilisations où il faisait partie intégrante de la perception de l'individu et de sa place dans la société, l'intervention des missionnaires lui a été presque fatale.
Aujourd'hui, en occident, après des siècles où il était synonyme d'oppression et de marginalisation, le tatouage se démocratise, les différentes techniques se rencontrent, les influences se mélangent, et les tatoueurs sont reconnus comme étant des artistes. Il y a comme partout des stars du tatouage, avec leur style unique, personnel ou ancestral, qui sera recherché pour son authenticité ou son originalité, avec une cote qui fait monter les prix, avec des salons de plus en plus fréquentés. Des artistes donc, dont le support est la peau.
Ce qui n'est pas anodin. Se faire tatouer fait mal, très mal. Après tout, il s'agit de percer la peau avec des aiguilles pour y faire pénétrer des pigments suffisamment profondément pour qu'ils soient indélébiles. C'est donc douloureux, et définitif.
Pour moi, la décision de se faire tatouer doit donc être longuement réfléchie, et être prise en toute connaissance de cause. Ce papillon, cette étoile ou ce dauphin tatoués sur une hanche, dans le bas du dos ou sur l'épaule deviendra partie intégrante du tatoué, il vieillira avec.
Malgré la popularisation de la pratique, il appartient à chacun de savoir ce qu'il fait de sa peau, et alors que je suis toujours en réflexion sur l'éventualité d'un futur tatouage, cette exposition, instructive et ludique par ailleurs, m'a fournie de nouveaux grains à moudre.
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